SAALES - SENONES - SCHIRMECK

SAALES - SENONES -SCHIRMECK

jeudi 28 juillet 2016

départ en train de Molsheim 10 h 12, Saales 11 h 05, j'ai voulu faire une version raccourcie du trajet St Dié - Donon - Schirmeck en partant de Saales vers Senones et en montant rejoindre le Chemin des Bannes vers le col Ferry et le Donon.

Depuis la gare de Saales on va tout droit vers l'église, on continue vers le V V F, c'est pas la D 146 au bord de laquelle il y a un frêne planté en 1848 comme arbre de la Liberté, mais plus à droite et ça monte. Plus haut, en plus, il y a des cailloux, on laisse à droite la R F Muller qui mène vers le col du Hantz et en marchant par moments ( je voulais commencer doucement, ne sachant pas trop comment serait la suite) on arrive aux Quatre Bornes où il y a un beau panneau explicatif et l' annonce d'un chantier de ligne électrique ( 11H 50). Petite mise au point: je lis dans les DNA de ce matin ( 9 avril 2017) qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle ligne  mais d'un chantier d'éoliennes, "le parc éolien du bois de Belfays" avec 2 éoliennes sur la commune de Saâles. On vient de couler la base en forme de soucoupe de la  première qui s'élèvera à 143 m. Huit autres seront construites: à la Grande Fosse ( 3 ) et à Châtas ( 5). fin des travaux: septembre, octobre 2017, coût 29 M d'euros. Autant dire que ce coin ne sera plus le même!  

Là on est passé, sans se rendre compte, du bloc de grès affaissé par faille de Saales, Sapin Dessus, Solamont, au socle granitique du massif de Senones. Cette faille va des Quelles vers Saales par Saulxures, " le rejet en est de 200 à 230 m de sorte que le Buntsandstein moyen ( grès bigarré) est mis en contact avec le socle" ( plutôt dire " au même niveau que le socle", normalement le grès est sur le socle, là il a été abaissé de 200 m) On peut aussi lire dans cette notice de la carte géologique de St Dié: "Au caractère alsacien de la haute vallée de la Bruche s'oppose le caractère vosgien de la partie centrale de la feuille, où de très nombreuses et pittoresques petites agglomérations sont reliées entre elles par un dédale de petites routes goudronnées ". C'est très vrai pour ces petites routes qui sont idéales pour faire du vélo de route parmi les prés et les bois, par contre je ne vois pas en quoi la haute vallée de la Bruche aurait un caractère alsacien, c'est plutôt vosgien depuis Wisches pour les noms de lieux, les maisons, l'accent des personnes âgées aussi...

Par ce chemin passaient autrefois des cargaisons de sel de Lorraine vers l'Alsace mais là, c'est bien désert aujourd'hui et inégal comme revêtement, des portions roulantes alternent avec des parties caillouteuses, enfin ne nous plaignons pas, ça descend vers la D 45 par la Croix des Fourrières.Croix des fourrieres

la Croix des Fourrières: ce coin m'a déçu: pas de vue, le sol labouré par les engins forestiers et en plus une photo floue !

On se trouve sur le circuit du Hure. Toujours dans la même direction nord- ouest je visais la Petite Raon. Au carrefour 584 j'ai pris le chemin en face plutôt que la route à droite vers Ortomont pour le regretter par la suite, au début c'est un beau chemin  mais plus loin il est dégradé et herbu. La côte d'Ortomont c'est un cône de grès posé sur le socle granitique et qui a résisté à l'érosion de la couverture sédimentaire. Après, par la route je suis descendu vers Senones en loupant à 419 la route à droite vers Vieux Moulin et la Petite Raon; ça descend toujours vers Senones et je me dis que ce tour n'est pas à faire dans l'autre sens. A la Chapelle de Pitié ( 13 H ), j'ai pris à droite Avenue Charlotte Princesse de Salm, avec un nom pareil cela doit mener au centre de Senones, en fait c'est un quartier de HLM et tout en bas je me suis retrouvé  dans un cul de sac, au dessus d'un bâtiment du château sur ce qui était sans doute autrefois une terrasse,  demi tour...,  donc ne pas s'engager à suivre Charlotte, à la chapelle descendre à gauche. J'ai cherché sur internet des nouvelles de cette princesse: elle s'appelait Elisabeth-Alexandrine-Charlotte, était née le 29 avril 1707 et mariée le 18 mars 1721 (donc bien jeune !) avec Claude Lamoral, Prince de Ligne et du St Empire, Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or, Général Major et Colonel d'un Régiment d'Infanterie au service de l'Empereur...

Senones est la capitale déchue de la Principauté de Salm - Salm, rattachée à la France le 2 mars 1793, Voltaire y a été invité par l'Abbé de Senones Dom Calmet "alors que de retour de Prusse il se morfondait à Colmar, mais le prince lui a octroyé un délai de trois jours pour déguerpir" ( voir sur internet). En 14-18 la ville était tout près du front qui s'était fixé entre Senones et Moyenmoutier, voir ce que j'ai écrit dans des circuits précédents et  taper senones 14-18 sur internet ( carte du front, photos ...). Il y avait 4719 habitants en 1911 et 200 seulement en 1918, la population avait en partie été évacuée par les Allemands ( en Belgique...), 70 % des habitations  étaient détruites ou endommagées. Vers la fin de la guerre de 39-45 il y a eu la déportation des hommes de la vallée du Rabodeau, les 5 et 6 octobre 1944, 392 hommes furent raflés à Vieux Moulin et à Senones et envoyés dans les camps en Allemagne, 260 ne sont pas revenus. Dans les années 50 et 60 ce fut la reprise de l'industrie textile et le groupe Boussac et puis la fin du textile, la crise, beaucoup de maisons à vendre, des usines en ruines...on est loin de la prospérité de l'Alsace.

Direction la Petite-Raon par la D 424, là on a le choix: soit continuer par le talweg du Rabodeau vers le Col du Prayé, c'est goudronné mais ça monte raide par endroits, soit prendre des routes forestières sur le talus gréseux au dessus, rive doite ou rive gauche du Rabodeau. le problème c'est que le conglomérat du grès donne en s'érodant des galets qui demandent un effort supplémentaire quand on monte ( en prenant ces chemins dans le sens de la descente depuis le Donon ça va, mais en montant c'est usant ! ) A la Petite- Raon j'ai pris la D 49 vers le Col du prayé et tout de suite à gauche la petite route qui monte raide vers le Col de Dialtrepoix, à 384  j'ai pris à droite et en marchant par endroits je suis passé devant l'ancienne maison forestière pour arriver sur la petite route goudronnée qui vient de la D 49 et des Hauts Jeandon. En fait, c'est sans doute mieux de monter par cette petite route plutôt que par cette rue raide de la Petite-Raon. En montant à gauche j'ai pris vers la Loge des Gardes pour monter ensuite au col de Dialtrepoix et rejoindre la crête. Une autre solution était de prendre vers  447 la R F de Malpré qui monte régulièrement mais avec des cailloux et arrive au Haut du Bon Dieu. Je me suis dit que ce serait plus roulant sur la crête par le Col de Dialtrepoix. Cette petite route qui  monte à la Loge des Gardes est goudronnée mais par endroits le goudron s'en va, ça monte tranquillement. Après c'est moins roulant avec La R F qui monte à droite avec des cailloux vers le Col de Dialtrepoix, ça m'a paru bien long. Au col il était 14 H, j'ai fait une pause de 20 mn pour manger un peu, c'est vraiment un carrefour de plusieurs routes forestières et de sentiers, il est marqué 45 mn pour descendre à pied à la Petite-Raon. En ces jours de chassé-croisé sur les routes des vacances il n'y avait pas un chat dans ces forêts, juste le bruit du vent dans les arbres, à ce col un tremble qui frissonne... En 14-18 c'était tout près du front, les Allemands tenaient les Quatre Bancs ( les Quatre Sapins ) et la Roche Mère Henri que les Français essayaient de conquérir depuis Moyenmoutier. En repartant du col de Dialtrepoix à 14 H 20, j'étais au Col Ferry 20 mn plus tard et par le Calvaire, le Noir Brocard, Jardin David, Haut du Bon Dieu j'ai retrouvé le goudron de la route du Prayé à 15 H 30. Je suis  passé au Col du Donon sans m'arrêter et comme j'avais beaucoup roulé sur des chemins pierreux, je ne suis pas descendu dans la vallée de la Bruche par les routes forestières ( Col entre les Donons etc..), j'ai pris la grande route et ça va vite! Je suis arrivé à la gare de Schirmeck quelques minutes après 14 H, il y avait juste un train pour Molsheim à 14 H 04. Comme je n'avais pas eu le temps de prendre un billet j'ai payé un bon supplément dans le train: le trajet Schirmeck- Molsheim m'a coûté presque le double de l'aller Molsheim -Saales ! et en plus ça descend ! 

Alors pour conclure?: je suis toujours content de découvrir de nouveaux chemins mais j'ai trouvé que ça secouait beaucoup, et décidément les montées dans les galets du conglomérat c'est pas l'idéal, plutôt y passer en descendant ou faire passer devant un rouleau compresseur pour les stabiliser! ( j'ai vu en Forêt- Noire un rouleau en pleine forêt, mais les Allemands ont plus de moyens que nous !)

 

 

 

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