SAALES- BERTRIMOUTIER- CHAUME de LUSSE- SAALES

 

    Cette fois j'ai voulu voir le cimetière militaire de Bertrimoutier où sont enterrés 3 soldats des Monts de Lacaune dans le Tarn et essayer de monter sur la crête de la Chaume de Lusse par un chemin plus facile que pour la balade où je suis passé par Colroy la Grande.

départ gare de Saales, direction St Dié et tout de suite après la Maison de Retraite tout droit Chemin de Badémont, j'ai revu la pie grièche vue ce printemps, cette fois en train de nourrir un petit de la taille de l'adulte, par 484, 466, 456, 439 ça descend.... Cette fois, au lieu de rejoindre la grande route et de traverser vers Colroy la Grande, je suis allé tout droit sur le chemin non goudronné qui monte un peu vers 455, c'est un beau chemin avec une large vue sur un paysage très reposant de prés et de forêts; après c'est goudronné et on arrive à Provenchères sur Fave par cette ancienne route. Après le Beulay on retrouve une route tranquille, la D 420,  vers la Frapelle, on passe au dessus de la grande route et on arrive à Bertrimoutier. Le cimetière militaire est un peu plus loin en direction de Ban de Laveline. Il était 11 H 30.

Bertrimoutier

Il est très bien situé dans un pré en pente, les Français en haut, les Allemands vers le bas. Un panneau retrace les combats dans ce secteur: l'avance des Allemands vers Nancy, puis leur repli, ils sont restés à St Dié du 27 août au 11 septembre 1914, le 7 octobre 1914 les Français se sont emparés de la Tête du Violu dominant ainsi le Col de Ste Marie aux Mines. Le front s'est fixé dans ce secteur entre le Col de Ste Marie aux Mines, Lesseux, le Spitzenberg de l'autre côté de la vallée de la Fave, la Fontenelle, entre Senones et Moyenmoutier....On s'est beaucoup battus en 1915, ensuite le secteur fut qualifié de calme et a servi en 1918 pour l'entrainement de soldats américains envoyés ensuite plus à l'ouest. J'ai cherché les tombes de Célestin Salles, Henri Joseph Sèbe et Jean Paul Marty, je n'ai pas eu à chercher  longtemps parmi ces 953 tombes de soldats français ( 6749 tombes de soldats allemands, 12 Russes et un Roumain), ils sont dans la deuxième rangée.

Sales ( avec un seul l sur la plaque) Célestin Louis dont je vois la photo dans " Aux Enfants de Murat ( sur Vèbre) Morts pour la France édité par le Centre de Recherches du Patrimoine de Rieumontagné ( NAGES 81 320) était en réserve à Québrux avec la 24°compagnie du 343° régiment d'infanterie, régiment de réserve du 143° régiment d'infanterie et a été tué sur le coup d'un éclat d'obus dans le secteur de la Tête du Violu le 15 novembre 1914 à l'âge de 30 ans. Il était marié et avait un fils Albert qui sera mobilisé en 1939 et tué d'un éclat de bombe dans la poche de Dunkerque le 31 mai 1940. Après une permission à Murat " il tenait absolument à défendre la patrie et venger son Père" ( témoignage de son fils André). 

Un peu plus loin on trouve les tombes de Joseph Henri Sèbe et de Jean Paul Marty, Joseph, fils du forgeron de Boissezon, tué par une bombe au Col de la Cude et Jean Paul, agriculteur, tué le même jour sur la crête enneigée du Violu le 18 février 1915: " Après une préparation d'artillerie assez intense sur le Violu, une attaque allemande est lancée sur le secteur de Ban de Laveline, Lesseux, Herbaupaire et cote 607 où se trouve la 24° compagnie."

Cebe et marty

Les tombes de Cèbe et Marty

 

Je n'ai pas vu la cote 607 mais en montant par la crête entre Lusse et Wisembach je me suis arrêté à la cote 766 ( 768 de la carte?). Dans la pente y pour arriver on voit encore tout un réseau de tranchées, plus loin deux petits fortins explosés et la Stèle des Bavarois où il est inscrit " in Treuefest", fest comme abréviation de Festung ( forteresse) ou adjectif, "d'une fidélité inébranlable" ou fest comme la fête?  On pense à l'hymne de Luther " ein feste Burg ist unser Gott..." et aussi à Appolinaire: " Le ciel est étoilé par les obus des Boches, la forêt merveilleuse où je vis donne un bal, la mitrailleuse joue un air à doubles croches..." le bois au dessus de Wisembach s'appelle " le Dansant de la Fête". Il y a eu beaucoup de pertes au cours de la première attaque des Chasseurs du Côté du Renclos des Vaches face aux Allemands retranchés sur la crête avec des mitrailleuses.

En fait, en faisant cet été 2017 une sortie organisée par le Syndicat d'initiative de Schirmeck sur les lieux de la bataille de Plaine,le 14 août 14, le guide nous a montré une boucle de ceinturon d'un soldat bavarois qu'il a trouvée sur la colline de Diespach où étaient les tranchées bavaroises ( Il existe un petit circuit avec des panneaux pour évoquer ces combats et la prise du premier drapeau allemand dans la ferme de la Noirgoutte). Sur cette boucle de ceinture il y a la devise des Bavarois. Ce n'est pas "Gott mit uns" mais " im Treue fest". Pour des témoignages sur ces combats de Plaine voir l'Essor n° 199 de sept 2003.

En juin 1915 le roi de Bavière est venu en train dans la vallée de la Bruche pour redonner le moral à ses soldats " à cause d'une sorte de mutinerie des troupes: quelques 800 Bavarois ont refusé de " marcher" à Saales, environ 900 au Donon. Comme on s'en doute ils doivent passer en jugement, mais refusent tout autre tribunal que celui de leur souverain" ( Marie -Thérèse Fischer DNA du 18 - 11- 2015). Il serait intéressant de savoir la suite de cette affaire.  

A partir de Bertrimoutier,où je suis resté une heure, j'ai choisi de monter à la Chaume de Lusse par cette crête, et c'est pas de tout repos: direction les Censes par 406, 479, 509, là tout droit en poussant le vélo, c'est raide puis vers les Sept Chemins ( vers 13 h 30), 642, Croix le Prêtre ( en fait je n'ai pas vu la croix). Ensuite j'avais prévu de prendre la route forestière qui contourne le Chena mais finalement j'ai pris le chemin de crête. Il monte avec de petites descentes par moments, pas de traces de vélo, c'est normal c'est vraiment raide en montant ( peut être en descendant ?) mais des traces de moto, et justement un motard descend doucement en face de moi, sa moto ne fait presque pas de bruit, rien à voir avec les petites motos de trial, pour lui ces petites montagnes russes c'est super, pour moi c'est pousser le vélo, mais si l'on pense aux soldats qui montaient là sous le feu avec des caisses de munitions, des armes pesantes par tous les temps et la mort au bout du chemin, c'est que du plaisir ! Je me suis arrêté un moment à la cote 766 vers 14 H pour manger un peu. Après c'est plutôt en descente vers la Stèle des Bavarois, toujours cette forêt qui semble loin de tout...toujours direction Chaume de Lusse, on passe devant un panneau qui nous apprend qu'on était sur la Route Forestière du Tacot: un petit train était installé  là par les Allemands pour alimenter le front. A la Chaume de Lusse arrivait un téléphérique militaire allemand depuis le Petit Rombach ( j'ai relevé il y a bien longtemps que le n°4 de1987 de la revue l'Essor de Schirmeck avait consacré un article à ce téléphérique). Chaume de Lusse 835 m vers 15 H 15, après la crête vers le Col d'Urbeis, déjà bien connue mais avec une nouveauté: de profonds fossés dans la descente du Perry à aborder avec prudence, Col de Steige vers 16 h et gare de Saales 17 H  en suivant l'itinéraire de la balade précédente.

In treuefest

In Treuefest - Monument des Bavarois

 

Bilan: j'étais content d'avoir vu ce cimetière de Bertrimoutier, de découvrir ce champ de bataille oublié de la cote 766, mais monter par là c'est raide, beaucoup de marche à pied en poussant le vélo...mais si l'on aime marcher dans cette vaste forêt, c'est super, surtout en pensant aux conducteurs pris dans les bouchons de ce mois d'août, à part le motard je n'ai vu personne dans ces forêts.     

                         

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