DE SAINT-DIE à SCHIRMECK

le 7 juin 2009, temps frais, un peu de pluie, je suis parti en car de Molsheim à 7 H 18, St Dié 8 h 54, à vélo vers Moyenmoutier, R. F des Ravines où j'ai vu un renard, R.F. Paul Eibel, scierie de Coichot avec un abri sous l'avant toit et de l'eau, montée raide sur le goudron à 643, j'ai pris  à droite en me trompant et  j'ai fait  le détour par le Col de Dialtrepoix par un chemin à peu près  à plat. Après, retour dans la bonne direction, vers le Nord:  Col Ferry, Prayé, Col du Donon 13 H 10, descente par la route à la gare de Schirmeck pour le train de 13 H 42, retour Molsheim 14 H 25. Avec un VTT on se sent beaucoup plus sûr dans les descentes  sur route qu'avec un vélo de route, les gros pneus, les bons freins c'est rassurant !

Le 9 décembre 2009 j'ai refait le trajet de St Dié à Schirmeck en ayant équipé le vélo d'un compteur pour bien préciser les horaires et distances. Hélas ce petit compteur a de multiples fonctions mais dans ma poche il s'est déréglé et il n'indiquait plus que l'heure, aussi pour les distances c'est à compléter.

Molsheim – St Dié par le train de 10h15, il a pris 17 mn de retard à Mutzig, le temps que  les gendarmes viennent de Molsheim interpeller un passager à la demande de la contrôleuse ce qui a provoqué de gros bouchons pour la circulation automobile.

Je me suis dit que si je voulais prendre le train avant la nuit à Schirmeck  pour rentrer à Molsheim je n'aurais pas le temps de traîner en chemin. J'avais oublié le bidon.. Un autre jour j'avais le bidon mais pas d'eau. J'ai cherché une fontaine. A St Dié il y a de l'eau en abondance, des jeux d'eau décoratifs mais c'est pas prévu pour remplir un bidon, sauf sans doute à la gare. Par contre plus loin, à St Blaise ou à St Prayel on trouve encore des abreuvoirs avec de l'eau potable.

Ce train retardé est arrivé à St Dié à 11h50 au lieu de 11h32. Pour aller à Moyenmoutier partir vers Nancy, la Voivre, la Hollande, Clairefontaine. Dans Moyenmoutier au Mobalpa (12h30 à ma montre mais je ne garantis pas cette heure là), prendre à gauche vers Ravines, sans aller à Ravines, tout droit vers St Prayel. On s'engage dans le vallon du ruisseau de Ravines : une petite route goudronnée qui monte doucement le long du ruisseau avec dans tout ce secteur de très beaux sapins.

On voit que ce petit ruisseau a été autrefois aménagé avec de petites retenues, sans doute pour lâcher de l'eau pour faire descendre des bûches. A la scierie Coichot (12 h 58) le soleil arrivait jusqu'à la route, sur les côtés l'herbe était blanchie par le froid de la nuit. Plus de scierie mais un petit abri et un beau panneau Michelin à l'ancienne, qui porte une trace de balle, bien grand pour cette petite route : « Route Paul Elbel, 402 m (sur la carte 403 m), Haut de la Halte 4,5 km, 633 m ».

Le long de cette petite route des témoignages des exécutions de résistants à la fin de la dernière guerre mondiale. Toute cette région s'est trouvée en 1944 en première ligne entre les Allemands et des miliciens repliés devant l'avance américaine et les Américains qui avaient besoin de souffler avant de reprendre l'offensive. La population civile et particulièrement les hommes, suspectés d'être des maquisards, a beaucoup souffert. Je tire du livre de Robert DODIN « la Résistance dans les Vosges» ce chiffre : 15 résistants massacrés et brûlés dans la vallée de Ravines. Le département des Vosges aurait été le plus touché de France par la répression par rapport au nombre d'habitants. Un vieil habitant de Belval, rencontré au cours d'une balade, m'a raconté comment il avait vu, caché derrière les volets (ordre des Allemands de fermer les volets) son père monter la côte en colonne vers le Col du Hantz et le camp du Strutthof avec la centaine d'hommes raflés dans le secteur. Son père est revenu de Dachau et lui a raconté; « rien à boire, interdiction de manger même une herbe du bord de la route, punition : 10 coups de cravache en comptant les coups. »       

C'est bien d'avoir mis récemment un petit monument au Col du Hantz pour ceux qui sont passés par là et dont beaucoup ne sont pas revenus des camps allemands. On peut voir aussi le monument au Saulcy et le monument aux morts de Moussey ou penser à la déportation des hommes de Pexonne le 27 Août 1944, 80 déportés vers Dachau, Melk, Mauthausen, Ebensee, 17 sont revenus, il y a eu 70 orphelins, une deuxième rafle a eu lieu le 7 novembre 44 après le combat de Viombois ( lire le récit de Paul PELLETIER que l'on peut se procurer à la Mairie de Pexonne), penser aussi au combat de Viombois du 4 septembre 1944, à l'incendie de St Dié.

Curieusement ce qui s'est passé dans ce secteur, à part l'incendie de St Dié n'a pas l'air connu en Alsace. Pexonne c'est quand même pas loin de Molsheim ! On pourrait discuter ici de l'utilité de cette résistance qui a causé par représailles de nombreuses victimes dans la population civile. Le fils d'un des déportés qui a connu ces événements étant jeune m'a dit: «de toute façon nous aurions été libérés quand même, les maquisards étaient des cons..» Voilà une opinion qui va à l'encontre du discours officiel ! Chaque année les stèles sont fleuries et une cérémonie a lieu à Viombois en souvenir du combat du  4 Septembre 44 . Pour  un récit détaillé de la vie des maquisards du G.M.A. dans ce secteur lire Viombois de René RICATTE ( Muller édition, Issy les Moulineaux). On y retrouve le Jardin David, le Haut du Bon Dieu... le combat de Viombois.

Après la scierie de Coichot plus de goudron mais des cailloux, puis à nouveau du goudron pour la montée raide au fond du vallon. On monte de 114 m. En haut ne pas prendre à droite (marqué STT), cela  mène au Col de Dialtrepoix ( j'y suis allé une fois en me trompant pour rejoindre  ensuite le Col Ferry, ça roule bien mais ça rallonge,( on peut s'abriter à un refuge de chasseurs bien pourvu  de bouteilles vides !)  mais descendre en 2 mn jusqu'au carrefour suivant (200 m avant le Haut de la Halte). On trouve le panneau le Coquin à droite. On monte vers le Col Ferry.

J'ai noté 14h à ce col. Pour aller au Coquin on va à gauche, on monte, puis on redescend vers le carrefour 774 et il y a des cailloux. Si l'on veut une route bien roulante on prend à droite puis à gauche, en passant sous le  point 781 ( carte du Donon 1/25000), là c'est vraiment idéal. A l'ancienne carrière on reste à gauche et on se retrouve au carrefour 774. On lit qu'on se trouvait dans la Forêt Domaniale des Bannes. C'est ce que j'ai fait ce jour là en voulant gagner du temps, à ce carrefour 774  il était 14 H 15.

Après une descente bienvenue vers le Jardin David on va vers le Haut du Bon Dieu par le Chemin de Bannes. Trois cerfs bien cornus traversent la route au trot à mon approche vers une remise. Je vois l'oeil rond du dernier qui me regarde et je croise leur odeur qui flotte dans l'air. Au Haut du Bon Dieu on attaque la dernière montée pour rejoindre le secteur du Prayé. On peut éviter cet effort en descendant à droite, on arrive alors sur la route au point 743 et on monte au Col de Prayé par la route.

J'ai noté 14 h50 à l'abri ( qui n'existe plus, sinon sur  la carte) près du point 799. De là on va vers le Col du Donon et on descend sur Schirmeck. J'ai voulu essayer de prendre le train de 15h24 à Schirmeck pour Molsheim, alors j'ai pris à Etoile III (746), au bas de la petite descente, la route forestière à droite qui descend directement sur Grandfontaine par un vallon très froid. Les herbes étaient encore givrées dans ce fond de vallée. Il y faisait beaucoup plus froid qu'en hauteur. Je suis arrivé à la gare à 15h 20. En fait le train est à 15h 24  les samedis et dimanches et  à 16h 05 en semaine, j'ai mal lu l'horaire, c'était un mercredi, j'étais donc en avance. Mais un accident s'était produit sur la ligne (une voiture sous la motrice à dégager), le train était retardé et en suivant les conseils des cheminots j'ai continué en vélo jusqu'à Molsheim où je suis arrivé à 16h 35, juste avant la tombée de la nuit.

Pour résumer : de la gare de St Dié à la gare de Schirmeck 3h 30 à pédaler pratiquement  sans arrêt avec cet  itinéraire. En mesurant avec le curvimètre cela fait près de 50 km dont 21 km de route goudronnée et 26 du monument des Fusillés du vallon de Ravines à Grandfontaine. 

Lac de la Maix