COLROY la GRANDE_ CHAUME de LUSSE- COLROYl

          

 

            La croix le pretre      Au bonheur du loup

 

Très beau temps, 21 ° prévus en plaine d'Alsace, j'ai fait réviser le vélo, changé l'axe du pédalier qui avait pris du jeu, le pneu arrière et les patins de freins ( les patins s'usent vite et faute de les avoir changés à temps la dernière fois j'ai dû changer les roues, la jante était abîmée par les porte patins et risquait de se fendre).

Autant dire que le vélo n'attendait qu'un signe pour s'élancer!  Vers où?  Pourquoi pas refaire à l'envers le tour vers la Chaume de Lusse?

Cette fois j'ai voulu raccourcir un peu, ne pas partir de Saales mais de Colroy la Grande, côté lorrain du Col de Saales, une heure de voiture depuis Molsheim.

Colroy la Grande 13 H 20, direction Lubine par la route, ça monte avec un petit vent d'Est en face, mais avec l'énergie du départ pas de problème, on continue un peu et à 513 on trouve la R F de la Jambe de Fer, c'est goudronné, bien sûr ça monte avec le ruisseau en contrebas. Encore un effort et l'on peut se reposer sur l'une des quatre chaises dans l'avancée de la chapelle, cela fait un petit abri en cas de mauvais temps. Il était 14 h 02, on est à 604 m, Colroy vers 420, 184 m de dénivelé, c'est la moitié de la montée vers la Croix Surmely à 782.

 

Jambe de fer

 

C'est goudronné jusqu'en haut et même refait vers le haut et bien lisse, aussi ça monte bien. A la chapelle il est écrit Col de la Hingrie 15 mn, c'est direct et raide, il faudrait pousser le vélo. Quand on arrive à 782 ( 14 h 31) on trouve le balisage Grande Traversée des Vosges en VTT. En allant vers la droite le chemin de crête bordé grands douglas passe à la Croix Surmély,

Croix surmely

On continue en montant vers la Chaume de Lusse par le Col de Ralaine, le Grand Serpois, point le plus haut de ce circuit avec 867 m, avec la vue sur le vallon d'Echéry. Là on peut passer à droite ou à gauche pour arriver  à la Chaume de Lusse un peu plus bas ( 15 H 13, petit arrêt buffet en écoutant le pic cendré). Il y a une R F qui descend à droite en passant sous la crête par 769 vers l'Ordon, ce sera pour une autre fois. Là, je voulais repasser sur la crête de la Stèle des Bavarois, la Croix le Prêtre, en descendant cette fois. En fait à 838 Chaume de Lusse j'ai fait une erreur, au lieu de continuer un peu sur la crête vers le col de Ste Marie et 853, je suis descendu en faisant le tour du Beheux par le Nord, ce qui m'a valu de remonter en poussant le vélo à l'intersection côté Ouest du Beheux ( près du "le" de Beheux de la carte) pour retrouver la crête entre Lusse et Wisembach. 

ancienne frontière de 1871,  les bornes du secteur: 2515...2520 

      Ancienne frontiere     Borne frontiere                                                                                                        .  

Il y a une R F de chaque côté si l'on est pressé ou fatigué , mais c'est vraiment spécial de cheminer sur cette crête en suivant les bornes. Vers le haut c'est très marqué par la guerre, plein de trous, d'entonnoirs avec des bunkers, en gros ça descend mais avec de petites montées raides aussi. J'ai revu la stèle des Bavarois ( 15 H 55) et plus bas la Croix le Prêtre ( que je n'avais pas vue en passant  dans l'autre sens, pourtant elle est bien visible au carrefour). En face ça remonte à 734, j'ai préféré pour changer contourner par le Sud, ça descend ! Mais il y a de l'eau plus bas et ça remonte pour retrouver à 684 l'autre variante par le  sommet. A 642 je n'ai pas pris à gauche dans ce virage dans la descente raide pour passer  aux Sept Chemins vers Bertrimoutier, j'ai visé Lesseux en prenant à droite la R F qui contourne le vallon du Chapis au dessus de Combrimont

             

    Entonnoir     Sous la cote 766                                 .     

 

 

Bunker      Bunker 2     Encore un bunker

                                                                                                 des bunkers sur le crête

Petit arrêt au carrefour 614 il y a une table, des bancs. C'est marqué camp romain sur la carte et c'était sans doute là que passait le front en 15-18 pour traverser ensuite la Vallée de la Fave vers le Spitzemberg. A Lesseux est mort un soldat de lacaune dans leTarn, sergent au 343° régiment d'infanterie, matricule 1605. "C'est un village qui est le siège de combats importants. Les troupes sont stabilisées sur les hauteurs du village: les Allemands au nord-est ( cote 607) et les Français ( le Chapis) au sud-ouest."

extrait de " les soldats de lacaune tombés pendant la Grande Guerre "de Dominique CALAS, Centre de Recherches de Rieumontagné, 81320 NAGES      

"Léopold SABATIER est roulier et vit à paris depuis 1909. Il est décrit brun aux yeux châtains avec un front bombé et une taille de 1m 65. Sur sa fiche matricule sont signalées plusieurs condamnations par le tribunal de Castres pour coups et blessures. Il écope d'une amende et même de trois mois de prison en 1901 ( à 18 ans). Il a servi dans le 122° RI en Crête en 1905 où l'armée française est intervenue pour soutenir les Crétois contre l'occupant turc. Il est mobilisé en 1914, il a alors 31 ans et sera tué à l'ennemi le 13 mai 1915, " mort  pour la France".

De lesseux par Herbaupaire et Lusse, village vosgien typique avec les mêmes maisons alignées, les toits à la même hauteur ( 17h 15), j'ai rejoint Colroy la Grande. Avec quelques petites montées en prime et le vent en face cela suffisait pour cette balade d'après midi. Colroy 17 h 30. 

C'était vraiment une belle journée de printemps avec tout le long le chant du pouillot véloce, de la fauvette à tête noire et le blanc tapis des anémones des bois:

" Esté revest champs, bois et fleurs de sa livrée de verdure et de maintes autres couleurs par l'ordonnance de Nature" dixit Charles d'Orléans; remplacez esté par printemps et c'est tout à fait ça.

 et le pouillot véloce cela ressemble à quoi ? Ce même jour c'était aussi l'idéal pour photographier les oiseaux le matin. le pouilot n'a pas un joli nom en français mais en allemand c'est Zilpzalp ( comme son chant) et en italien Lui piccolo, en latin phylloscopus collybita. C'est plutôt du grec," l'inspecteur des feuilles" pour phylloscopus qui décrit sa façon de voleter sous les feuilles pour débusquer les petits insectes et collybita ( en latin, dixit le Gaffiot, gros dico de latin qui pèse

2 kg 130g ) c'est plutôt collybista avec un s) " changeur de monnaie" pour décrire son chant, comme des  pièces que l'on laisse tomber l'une après l'autre sur une table. C'est facile de repérer l'arbre sur lequel il chante," un chant inlassable du matin au soir " dixit Paul Géroudet, après il faut le repérer dans ce cerisier en fleurs, cela va encore, ensuite il faut arriver à le prendre en photo, si possible en installant l'appareil sur son pied. là cela se complique, l'oiseau s'envole et va chanter plus loin sur un autre cerisier. On se déplace et là, on est près de cet arbre, on l'entend bien mais on met du temps pour le repérer dans les branches du haut. Le temps de faire une photo, il s'envole à nouveau.... alors pour le suivant qui chante dans un petit bois d'acacias c'est pire! Il est beaucoup trop haut. Au retour j'entends des linottes dans les vignes mais c'est petit aussi et elles se méfient et ne restent pas longtemps en place. Quelques  jours après: le pêcher au bord de la vigne a déjà perdu ses fleurs mais les tulipes ouvrent les leurs. le bruant jaune chante vers le haut d'un arbre ou plutôt il ne fait qu'un petit cri répété qui s'entend de loin: ' tsi, tsi...plus loin un autre oiseau est perché dans arbrisseau au dessus du roncier qui couvre le talus entre deux parcelles, talus avec des ronces en partie brûlées récemment. J'ai lu dans les DNA que dans un village d'Alsace on a installé des nichoirs dans les vignes pour attirer les oiseaux et lutter contre les insectes, mais il faut aussi maintenir les haies, les endroits qui ont l'air abandonnés avec des ronces... les bruants, alouettes lulu ou autres linottes n'iront pas nicher s'installer dans un nichoir. Si l'on veut attirer les oiseaux il faudrait sacrifier de loin en loin une petite parcelle dans les vignes avec des buissons au lieu de cette monotonie de ceps rémunérateurs, sans parler des traitements chimiques !  

C'est le 6 avril et c'est le premier bruant zizi que je vois cette année, le vent d'Est est sensible et il se tient  immobile sans chanter parmi les petites branches, je peux approcher assez près et le mitrailler. Sans le pied c'est pas terrible comme résultat mais c'est mieux que rien ! Encore quelques photos d'un rouge- queue sur son piquet de vigne et ce sera tout pour cette matinée.  

Bien sûr la photo d'oiseaux cela n'a rien à voir avec le VTT; j'ai bien essayé une fois de combiner les deux en trimballant le télé dans le sac à dos du côté de la Haute Loge pour photographier ce qui n'avait semblé être en passant une fois à pied des traquets motteux, mais cela n'a rien donné.  

pour voir les  photos de ces oiseaux attendre un peu, depuis j'ai cherché des témoignages sur ce secteur du front pendant la guerre de 14-18 et on en trouve sur internet ou dans les mairies; par ex dans " la Grande Guerre à Ban de Laveline, Journal de Victor Demange" ( Ban de Laveline ASCB 1993 de CLAUDEL et COMBEAU): le 343° R I, parti de Carcassonne le 15 août 1914 combat près de Mulhouse puis du côté de Lesseux. "le Commandant Champeux,à 9 h du soir, revient de 607 ( la cote au dessus du village) où il a passé 3 semaines enfoui dans sa cagna, vivant avec les rats,en prenant le thé, il nous raconte sa vie de tranchées...le lendemain, il me communique la poésie du 343°qui relate les affectations du régiment ( sur l'air du Clairon de Déroulède), je ne cite qu'un extrait:

"Mais lesseux n'est pas tranquille, un beau matin, il y file, pour y tenir en respect les Boches, qu'un tas de moules laissaient arriver en foule sur la cote six cent sept"

ou aussi dans "Extraits du carnet de Jean Bournet ( extrait "de la plume au fusil, les Poilus du Midi à travers leur correspondance" Toulouse, ed Privat 1985 de BACCONIER, MINET et SOLER", courriers du sergent Roumiguières du 343 R I): là j'ai un petit problème, je ne sais plus si le témoignage suivant est de Jean Bournet ou du sergent Roumiguières du 343° R I, j'ai cherché dans le site des 224 carnets de guerre vu 2073009 depuis 2004, et dont je ne trouve pas le nom de l'auteur; mais je n'ai rien trouvé sous le nom de Bournet. Par contre sur Alfred Roumiguières on trouve beaucoup: Il était instituteur avec sa femme à Sorèze dans le Tarn, sergent à 27 ans au 343° R I à Carcassonne, il a écrit près de 1600 lettres tout au long de la guerre, fut  gravement blessé en octobre 1915...

 " 15 mai 1915, grand combat d'artillerie. Le 18 relève du Plateau de Lesseux, à 11 H du soir pour se rendre à la ferme du Chapis, le 19 départ à 7 H du soir avec la pluie pour aller aux tranchées de la cote 607. Arrivée à 8 h. Le 18 février 1915 la cote  607 a été prise par les Allemands et reprise le 19 par le 253° R I parti de Perpignan. Ce régiment s'est battu à Lesseux, à la Fontenelle, dans le massif de l'Ormont,au Spitzemberg. le P C du Lieutenant- colonel Salagnac était à Ban de Laveline jusqu'en mars 1916. A propos de Lesseux: " le 253° occupe d'abord la longue crête qui, de la cote 607 ( au dessous de Lusse) descend entre les villages de Lesseux et d'Herbaupaire. la vie de tranchées commence..." 

"un autre bataillon du 253° occupe le sous- secteur de la Croix au Prêtre (relevé à partir du 20 mars 1916 par le 215° R I). Le secteur du 253° a deux points de contact rapproché avec l'ennemi; au Sud l'ouvrage de Fort Regnault ( combats fréquent à la grenade, mines..) et au Nord la cote 766. Le 12 février 1916 l'ennemi s'empare d'un point de la cote 766 d'où il domine toute la vallée du Blanc Ruisseau ( la vallée de Wisembach). La nuit du 12 au 13 février se passe en reconnaissances et le 13 au matin, la contre attaque du 253° rétablit intégralement la position, perte du capitaine  Brial "

Sur le site de Lesseux on propose des circuits de balade à pied dont un de 9 km sur les combats de 1914-18. 

dans le livre d'or du 215° R I on retrouve la cote 607 avec des ouvrages enterrés construits entre autres par les mineurs de Carmaux, la guerre des mines avec une grosse explosion d'une mine allemande le 8 juin 1916 à 9 h du matin qui fera beaucoup de victimes françaises, et la cote 766 au dessus de Wisembach ( carnet de route du sergent Charles Sévérac du 215°) . 

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