TOUR DE LA MORTHE

Tour de la Morthe

18 octobre 2018   j'ai voulu refaire  le même circuit du 2 juin 2017 mais dans l'autre sens à partir de Ban de Laveline.

Parking près du ruisseau 416 près de la M F des Aulnes ( à l'ouest de Ban de Laveline), départ vers Coinchimont 12 H 25, ça monte, il y a du vent, il pleut des glands et il fait chaud, c'est pas idéal pour un départ ! Direction le Col des Chaufours par Salifontaine, monter à gauche à Coinchimont, c'est raide ! Je ne veux pas trop me fatiguer au départ et je pousse par moments le vélo ( c'est sans doute aussi bien de monter par la route vers la Croix aux Mines et à 434 monter à Algoutte, puis à 464 à gauche vers la Behouille, ou passer par Béate Côte depuis Cionchimont ?). Une fois sur le chemin de crête on a une belle vue sur la vallée de la Morthe avec au fond la suite du programme. Je n'ai pas pris le temps de monter à pied à la Tête de la Behouille, lieu de combats acharnés en 1914. A 650 descendre à gauche. Col des Chaufours ( anciens fours à chaux sur un affleurement de calcaire corallien, ancienne carrière indiquée sur la carte ) 637 belle route super goudronnée vers le Col de Mandray, ça monte facile. Au Col 13 h 42,  j'ai fait une pause, 10 km au compteur, autant dire que c'est pas un départ canon. Je me suis souvent arrêté pour regarder la carte. Pendant 15 jours, fin août- début sept 14, le village de Mandray fut pris et repris plusieurs fois par les Allemands et les Français avec des combats au corps à corps, à la baïonnette. Depuis la Béhouille de grosses pièces d'artillerie allemandes bombardaient Fraize qui reçut plus de 6 000 obus ( Histoire de Fraize de Victor Lalevée).

Col de mandray   Chasseur alpin

Col de Mandray

 

Au Col de Mandray j'ai pris la petite route goudronnée Jean François Pelet, que j'avais descendue sous la pluie en juin 2017. Elle va loin sur presque 10 km vers le Col du Pré de Raves au dessus du Col des Bagenelles. Sur cette ligne de crête entre le bassin de la Morthe et le bassin de la Meurthe avec Plainfaing et Fraize les pertes ont été nombreuses en 1914- 18. les Allemands n'ont jamais réussi à descendre vers Plainfaing et Fraize alors qu'ils ont largement dépassé St Dié vers l'ouest. Au Col des Journaux ( nom qui n'est pas sur la carte au 1: 25 000 de Ste Marie aux Mines, c'est entre les noms François et Pelet ) il est écrit sur un beau panneau plein de fautes d'orthographe: le 133 R. I. perdit en 3 jours 37 officiers et 1 100 hommes, surtout du 25 août au 12 septembre 14. A cette dernière date, le 11 septembre, les Allemands se replient sur la crête plus à l'est, ils n'ont pas réussi à percer vers Epinal ( bataille du col de la Chipotte, de la Chapelotte, bataille de la Mortagne ou de la Trouée de Charmes du 23 août au 10 sept 14). le 17 août les Russes ont envahi une partie de la Prusse orientale, ce qui a nécessité  l'envoi de renforts pris sur le front ouest. J'ai enfin retrouvé des précisions sur ces transferts de troupes: dans " la Bataille de la Marne " de Henri Isselin publié par Arthaud en 1964 p 63, " le 1° septembre Joffre a reçu communication d'une information rassurante. Les Allemands transportent des troupes d'ouest en est ; trente deux trains militaires ont été dénombrés en Belgique se dirigeant vers le front russe" ( vers Allenstein en Prusse orientale). En conclusion l'auteur écrit:" Il est certainement équitable, quand on dresse ce bilan, de signaler au passage le service rendu par nos alliés russes lors de ces heures difficiles. L'offensive déclenchée par eux, conformément aux promesses qu'ils avaient faites, a joué un rôle important dans le déroulement des combats en modifiant la répartition des forces en présence. De quel poids auraient pesé, dans la rencontre, les deux corps d'armée expédiés en Prusse Orientale s'ils étaient venus renforcer l'armée de von Kluck ? "

  La bataille de la Marne avec des succès français  oblige les Allemands à dégarnir le front du côté vosgien, à abandonner St Dié, tenu par eux 15 jours, pour former un front défensif sur la crête du Col de Ste Marie aux Mines. Dans leur retraite ils incendient le Chipal le 7 sept, tout a brûlé sauf une maison et l'église. Dans cette bataille des Vosges en 1914-18  400 000 soldats français et alliés ont péri, nous dit ce panneau. Un peu plus loin au Col de la Séboue il y a aussi un petit panneau pour nous rappeler que beaucoup sont morts là où ne reste comme témoin qu'une vague tranchée. Sur ces combats on peut lire " A ceux de 14 qui ont fait l'Histoire, du col de Ste Marie au col des Journaux par Michel Thiébaut " ( à voir à la bibliothèque de Ban de Laveline).

Col des journaux 2

Col des journaux

J'ai trouvé cette montée sur la Route J F Pelet plutôt longue avec le vent d'est assez fort en face, et froid en plus. Si on veut raccourcir on peut descendre à gauche à 915 vers Verpellière, entre la Croix aux Mines et Ban de Laveline ( c'est par là que j'étais monté en 2017);  mais là je voulais aller jusqu'au bout. Le bout c'est le Col du Pré de Raves à 19 km du départ. Petit arrêt pour se changer et manger un peu et descente à 15 H 15 vers l'abri de l'Arbre de la Liberté. J'ai pris le G R sur la crête mais c'est pour les marcheurs et pas pour les cyclistes !  Dans ce cas je pense aux agents de liaison à vélo de la guerre 14-18, à côté ici ce n'est rien ! Ca monte, ça descend avec des cailloux... A 952 c'est la Place Mandray. On doit y arriver plus tranquillement en passant côté est, sous la crête, par le chemin au dessus de la Roche des Fées. De la Place Mandray à 905 j'ai pris à droite sans monter à 1005. Petit arrêt à la cabane jusqu'à 16 h ( 22 km).

Abri 905

Après descente vers la voiture. J'ai pensé un moment  aller juqu'au Col de Ste Marie en passant côté est du Violu, sommet conquis par les Français le 1 nov 14 et conservé pendant toute la guerre malgré les attaques allemandes, dans le froid et la neige en hiver; mais j'ai pris un chemin plus direct côté ouest: par 878 et ...793, 746, 695. En descendant par là j'ai vu que je m'étais trompé et que de plus c'était pas un bon chemin: c'est privé, c'est raide, plein de pierres, à l'ombre et sans vue. En fait à 878 j'aurais dû aller tout droit pour rejoindre le chemin des stèles qui monte du côté du Banbois ( c'est pas commode sur la carte, c'est juste à un pli ). Alors en arrivant en bas au ruisseau vers les Grands Genêts je suis remonté en face vers 734 et 680. De là on a une très belle vue sur le bassin de St Dié. Pour la descente je connaissais , c'est ce que j'avais fait en montant en 2017. J'ai pris le  temps de  photographier la petite chapelle ( oratoire sur la carte) de la Haute Goutte.

Quebrux

On se demande pourquoi un oratoire à cette place, c'est sans doute lié à la présence d'une source. En tout cas cet oratoire a servi pendant la guerre de 14_18. Je  lis dans " Aux Enfants de Murat Morts pour la France ( Murat sur Vèbre dans les Monts de Lacaune, département du Tarn) : Joseph Henri SEBE, soldat du 343° Régiment d'infanterie, tué par une bombe au col de la Cude, près de Québrux le 18 février 1915. Son corps inhumé dans un premier temps à Algoutte, en lisière de Ban de Laveline, fut transporté en 1921 jusqu'à la nécropole nationale de Bertrimoutier, tombe 156. L'avis de décès fut envoyé au Maire de Murat le 21 février par le capitaine de la 24° compagnie du 343°, capitaine Schmitt. Il est ainsi rédigé:

" Voulez vous avoir l'obligeance de préparer avec tous les ménagements possibles la famille Sèbe a apprendre la mort de Sèbe Joseph brave soldat de ma Cie mort a Lesseux en faisant son devoir. La Compagnie déplore sa perte. On lui a rendu les honneurs et il a été enterré par nos soins a la chapelle de la Hte Goutte près Québrux Commune de Laveline ( Vosges ). l'avis officiel et les quelques souvenirs que le défunt avait sur lui vous parviendront plus tard par les soins de l'officier payeur, mais je n'ais pas voulu attendre plus longtemps pour exprimer à la famille Sèbe ma sympathie et mes condoléances. Elle peut être fière de lui, car il est mort veillaemment sur cette frontière des Vosges où les Allemands perdent chaque jour du terrain.

Veuillez agréer l'expression de ma considération trés distinguée et de mes remerciements      Capitaine Schmitt "

" la 24° compagnie était stationnée ce 18 février près du col de la Cude dans la neige alors que les Allemands bombardaient le secteur de la Tête du Violu. Après une intense préparation d'artillerie, l'attaque allemande dirigée dans le secteur de Ban de laveline, sera repoussée par les soldats français". 

C'est au maire de la commune d'annoncer le décès à la  famille et je me souviens de l'embarras de mon pére, maire dans un village du Tarn, quand les gendarmes du canton sont venus le chercher pour annoncer à sa famille la mort en Algérie du fils petits paysans, un ancien élève qui venait parfois dans le prè à côté de notre maison garder les vaches...

Depuis l'oratoire jusqu'à Québrux et Ban de Laveline ça descend raide. J'étais à la voiture à 17 H, plutôt déçu de voir le compteur afficher seulement 31,19 km  pour ce circuit assez usant !

 

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